mardi 12 mars 2013


Mexique - Les Mayas, ça continue

Nous voilà partis de Valladolid pour Mérida. Le transport en car est vraiment très facile ici et de plus très confortable. Le seul désagrément est l'air conditionné souvent poussé à bloc. Il faut alors soigneusement choisir son siège afin de pouvoir se faire réchauffer par le soleil à travers la vitre. Une belle absurdité.

Arrivée à Mérida, la grosse ville du Yucatán. A première vue, il n'y a pas grand-chose d'intéressant à voir ici mais la place centrale est mignonne et assez calme et l'absence de hauts édifices, si ce n'est la superbe cathédrale, nous donne le sentiment de toujours être dans un village. Il y a pas mal de choses à faire alentour, cette ville sera donc mon nouveau quartier général pour les prochains jours.


Pour commencer, visite du site de Uxmal, deuxième plus fréquenté après Chichén Itzá. J'y pars seul, laissant Patxi avec deux de ses amis qu'il a retrouvés en ville. Je me lève de bonne heure afin de profiter du site dès l'ouverture et me dirige vers le terminal des bus. Toujours endormi, j'achète mon ticket et la dame me précise que le départ se fait d'un autre terminal situé à une petite demi-heure de marche. Tout va bien, j'ai le temps. Et c'est là que je bugge. Mon cerveau a décidé d'aller faire un tour sur la Lune. Il est 8h et je lis 9h05 sur le ticket. J'en déduis donc tout naturellement que 9h05 est l'heure d'émission du billet et que le départ est à 9h30. Pourquoi? Comment? C'est ça, la magie de la distraction. On peut tout dans ces moments-là. J'arrive donc au terminal bien tranquillement, persuadé d'avoir une heure et demie devant moi. Je flâne pour faire passer le temps tout en consultant mon billet une nouvelle fois. J'en arrive tout de même à me demander pourquoi la dame a inscrit 9h05 pour l'heure d'émission alors qu'il était 8h. Et là, c'est l'illumination. Aurais-je tout compris de travers? Je regarde l'heure, il est 9h09. Je cours présenter mon ticket au contrôle où on me dit bien entendu que le bus vient tout juste de partir. Je m'en veux, me sens nul, et n'ai plus qu'à me résigner à attendre le prochain à 10h40. Du coup, le plan d'arriver sur le site dans les premiers tombe à l'eau. Mais quel gland!

Uxmal

Finalement, après deux heures de route, j'arrive sur le site d'Uxmal. Grâce à ma sagacité matinale, il est maintenant midi et demie et je m'attends à pénétrer dans la cité en compagnie de nuées de visiteurs. Eh bien non. C'est l'heure où tout le monde déserte les lieux à cause de la chaleur. Je suis en effet en plein cagnard et me fais l'effet d'être sur une rôtissoire. Je suis donc pratiquement seul, il y a encore moins de monde qu'à Chichén Itzá. Décidément, mon cerveau m'a peut-être lâché ce matin, mais pas ma chance. Et heureusement que j'ai pensé à emporter ma crème solaire car après m'en être enduit pas moins de trois fois en deux heures de visite, je ressors de là à point comme un homard.

Dès l'entrée dans la cité, la grande pyramide se dresse devant moi. Elle est splendide avec sa base ovale. De plus, l'ascension au sommet d'une autre pyramide permet d'embrasser toute la cité du regard. Magnifique! Le site est l'endroit rêvé pour les iguanes qui se comptent par centaines.









Le lendemain, en compagnie de Patxi et ses deux amis, Andoni et Aurélie, nous partons faire un tour de cénotes en calèche sur rails tirée par un cheval. Très sympa. Baignade en grotte dans des eaux cristallines au programme.





Le jour suivant, je décide de partir seul en excursion à Celestún afin de faire un tour en bateau dans la réserve naturelle où on peut observer des colonies de flamants roses. Je débarque là-bas en espérant trouver des compagnons avec qui partager un bateau. Les couleurs de la plage sont irréelles: bleu, émeraude et blanc.


C'est là que j'entends quelqu'un m'appeler. Je me retourne et tombe nez à nez avec une Française rencontrée à l'auberge de Valladolid. Elle est là avec sa sœur jumelle et elles se préparent à faire le même tour que moi, même bateau, même horaire. Les coïncidences, quand même. Mélanie et Adeline, pour les nommer, embarquent donc avec moi et on part pour une ballade de deux heures au milieu des flamants roses, des pélicans, des cormorans et autres oiseaux. Le pied!






On continue notre petit tour en traversant une mangrove où on découvre un crocodile en train de faire la sieste. Il est tellement immobile qu'on en vient à penser que c'est un faux mis là pour l'agrément des touristes. Notre scepticisme fait bien rire notre guide qui du coup nous donne encore plus l'impression qu'il se fout de nous. Mais non, force est de constater que c'est un vrai de vrai.




Termitière de 1 m de haut

De retour sur la plage, les deux sœurs, qui louent une voiture pour pouvoir faire à leur aise le tour du Yucatán en deux semaines, me proposent gentiment de me reconduire jusque Mérida, où elles rentrent également. Sur le chemin, elles me font part de leur plan bien établi pour les prochains jours. Elles comptent aller visiter Calakmul, une grande cité découverte il y a à peine 20 ans, complètement ensevelie dans la jungle, à l'écart de tout et inaccessible par des transports en commun. N'étant pas aussi libre de mouvement qu'avec mon vélo, j'avais été forcé de tirer un trait dessus à mon grand regret. "Tu n'as qu'à venir avec nous, on a de la place dans la voiture!", me disent-elles. Génial! Je n'hésite pas une seule seconde et accepte. Eh bien voilà, je sais maintenant par où et avec qui je vais continuer ma route. Le rendez-vous est fixé au lendemain à Campeche, une ville à 2h30 de route d'ici. D'ici là, elles vont visiter Uxmal, que j'ai déjà fait, et j'en profite pour aller me balader à Izamal, le "village jaune". Le village a même sa petite pyramide non restaurée et totalement déserte. Très sympa.





 

Après cela, je prends le bus pour Campeche afin de retrouver Adeline et Mélanie. Je dis au revoir à Patxi avec qui j'aurai finalement passé une semaine et embarque avec mes deux nouvelles charmantes compagnes de voyage. Jusque maintenant, je n'ai pas encore passé une seule journée seul. C'est top!

Direction Calakmul et son parc national en pleine jungle. Nous nous arrêtons pour la nuit dans un camping sans électricité ni eau courante et qui loue des tentes. A part deux motards, français aussi (décidément il y en a un paquet ici), nous sommes seuls avec, comme compagnons de nuit, le chant des criquets, le cri des singes, quelques bruits non identifiables un peu flippants comme des trucs qui bougent et marchent dans les feuilles et un abruti de coq qui se met à chanter à 4h30. C'est fou, le boucan que la jungle peut faire. On se sent au calme et en même temps, c'est bruyant.


 

Calakmul

Le lendemain, il fait toujours très chaud et on se met en route vers le site sur 50 km de route cabossée qui s'enfonce encore plus loin dans la jungle. Encore une fois, il y a très peu de visiteurs, ce qui est plutôt normal ici vu l'emplacement. La cité est énorme, tout comme les pyramides. De plus, c'est assez différent de ce que j'ai déjà vu car ici la jungle est restée maître.






Mélanie et Adeline. Y a quand même pire, comme situation...

A présent, nous reprenons la route vers la côte caraïbe pour un changement de décor.

mercredi 6 mars 2013


Mexique - Chez les Mayas du Yucatán

¡Olá muchachos! Après une bonne quinzaine d'heures d'avion, je pose le pied sur le sol mexicain dans la péninsule du Yucatán. Ca y est, le voyage a repris, à moi les Mayas! Il fait chaud et humide, pas de doute, je suis de retour sous les tropiques. Suite à mes derniers passages de frontières asiatiques qui avaient été plutôt pénibles, voire carrément désagréables à coups de visas aux prix basés sur la longueur de ma barbe, de corruption et de mecs qui tirent la tronchent en guise de bienvenue chez eux, je me prépare déjà mentalement à encaisser une éventuelle attitude hautaine des douaniers et à me plier à leur rituel sans moufeter. Mais je suis très vite rappelé à l'ordre car le passage à l'immigration se fait dans la meilleure humeur qui soit. Tout le monde sourit, dit bonjour, fait des blagues, et le douanier qui s'occupe de mon passeport m'octroie 180 jours de séjour sans broncher ni se départir de son sourire. Que c'est agréable! Parfait, ça commence sous les meilleurs auspices. Le temps de sortir de l'aéroport, il s'est mis à pleuvoir à seaux. Ca ne rigole pas. Le soleil est déjà en train de se coucher, mais la température avoisine toujours les 30 °C. Avec mes grosses godasses et mon pantalon en provenance directe d'une Belgique hivernale, autant dire que le temps d'attendre le bus pour me rendre dans le centre de Cancún et je sue comme un porc. Une fois assis dans le bus, je succombe. Cela fait pas loin de 24h que je suis debout sans avoir pu dormir dans l'avion et je commence à le sentir. Arrivé au terminal, je me mets sans tarder à la recherche de mon hôtel, toujours sous la pluie. Ma première impression de Cancún, et qui sera certainement la dernière, correspond parfaitement à ce qu'on m'en a dit: c'est pouilleux et dégueulasse. Cette ville a été construite autour des hôtels cinq étoiles de la côte pour Américains friqués et le centre dans lequel je me trouve est juste crado et malsain avec son système d'évacuation des eaux ultra performant qui, à la moindre pluie, transforme les routes en piscine. Je trouve une petite auberge un peu puante et trop chère, mais suis trop crevé pour aller voir ailleurs. Après finalement 26h sans dormir (et le plus dur, sans alcool pour me tenir éveillé), je m'écroule.

Le jour se lève sur Cancún. Il fait chaud, plein soleil, et les 5 cm de flotte qui baignaient la route hier soir se sont évaporés. C'est l'avantage de ce climat. Ceci dit, cette même flotte se retrouve maintenant dans l'atmosphère et j'ai l'impression d'être dans un hammam. Mais je suis ravi de retrouver cette ambiance tropicale et c'est un peu cela qui me confirme que mon voyage a bien repris. Je me suis bien reposé, j'ai la pêche et soif de découvertes. J'ai envie de faire des entrechats mais avec mon gros sac sur le dos et mes slaches aux pieds, j'évite. Je me dirige sans détour vers le terminal des bus car même si le soleil égaie un peu la ville, le constat reste le même: ici, c'est pourri. Objectif de la journée: partir d'ici. Où? N'importe où et vite. Comme à mon habitude, je n'ai bien entendu rien préparé et n'ai aucune idée d'où aller. Je regarde la carte et découvre Valladolid à 3 ou 4 heures de car. Je lis que la ville est agréable et encore assez peu fréquentée. De plus, elle est bien située par rapport à des sites archéologiques. Parfait. Go! Ah! cette liberté.

Après 4h de car bien confortable, j'arrive à Valladolid. Ravissement total! Je suis ici dans une petite ville carrément mexicaine, une vraie: petites maisons de couleur, monuments coloniaux, ambiance relax, gens peinards et tranquilles. Il ne leur manque que le sombrero et le portrait est parfait. Quel changement par rapport à Cancún. Je me trouve une auberge super sympa dans laquelle je rencontre un Français, Patxi. C'est également un voyageur au long cours et le feeling passe immédiatement. On part ainsi faire ensemble un petit tour de la ville en partageant nos expériences. Très vite, on est arrêté par le bruit d'une fête qui bat son plein dans un petit café. L'ambiance a l'air du tonnerre, on rentre. Il est 17h et tout le monde est déglingué, fêtant les 50 ans d'une dame. Elle est là avec ses sœurs et leur mère, en train de chanter, danser et se pochetronner à coups de tequila sur fond de musique jouée par un guitariste et un accordéoniste. Patxi et moi sommes sur la même longueur d'onde, on se mêle aux fêtards et on boit des bières en riant et en papotant avec les locaux. Un grand moment. Bienvenue au Mexique.




Le jour suivant, le temps est complètement couvert et ça tombe bien car avec le décalage horaire dans les lattes, j'ai le tonus d'une huître et juste l'envie de ne rien faire. J'en profite pour faire en compagnie de Patxi un petit tour de la ville en commençant par le marché et en terminant par un cénote. C'est un trou parfois très profond rempli d'eau douce qui fait office de puits naturel. Le sol du Yucatán en est criblé tel un véritable Gruyère et certains sont ouverts à la nage.

Cenote Zaci

J'avais au départ pensé passer deux jours à Valladolid, mais je m'y sens tellement bien que je décide d'emblée d'y rester plus longtemps. De plus, deux sites mayas sont à proximité, ce qui en fait un excellent point de départ pour aller les visiter. Patxi a plus ou moins le même programme que moi, on va donc a priori passer plusieurs jours ensemble.

Le lendemain, il fait toujours aussi couvert, il y a beaucoup de vent et la température a pas mal baissé. Aux dires des locaux, il fait froid et dégueulasse. Pour nous, il fait impeccable, 25 °C et un vent chaud. On part se promener dans une autre partie de la ville très agréable et colorée où on se fait alpaguer en rue pour visiter un musée du chocolat. On y goûte divers arômes: anis, chili, gingembre, poivre et miel et encore d'autres.







La suite de notre promenade nous mène jusqu'au monastère de San Bernardino. Il n'y a personne, c'est calme et on en profite.





De retour vers notre auberge, j'avise un taxi et pars demander par curiosité au gars le prix pour aller à Ek' Balam, site archéologique à 30 km d'ici. Une fille est déjà là, prête à poser la même question que moi et le type nous propose de nous y emmener tous les trois sur-le-champ pour le prix normalement appliqué à quatre personnes. On est en fin de matinée et il a besoin de clients. L'occasion est belle, je regarde Patxi. Chaud? Chaud boulette. On embarque et c'est parti. Imprévu et improvisation. J'adore. Le site d'Ek' Balam est très peu fréquenté, c'est pourquoi aucun transport en commun n'est organisé pour s'y rendre. Et pour ma première visite de cité maya, la perspective de ne pas être noyé parmi les hordes de touristes m'enchante.

Ek' Balam

Les ruines sont dissimulées dans la forêt et c'est tout simplement magique. On grimpe en haut de ce qu'il reste de la grande pyramide par un escalier raide et on s'y assoit pendant une heure et demie pour papoter et rire, les ruines de la cité à nos pieds. La vue est superbe, la forêt s'étendant à perte de vue à 360 °, laissant juste émerger cette cité devant nous. Pour une première, je suis ravi. Dépucelage réussi. Après le chocolat au gingembre de ce matin, c'eût été dommage.







Dans les environs, il y a aussi Chichén Itzá, un des sites les plus renommés et visités du Mexique. De retour à l'auberge, je demande leur avis à ceux qui viennent d'y aller. Ils sont unanimes, c'est super mais blindé de monde et il y a des vendeurs de babioles qui font chier à tous les coins de pyramides. Ca me met un bon coup dans la motivation et j'hésite sérieusement à y aller car j'ai eu ma dose de harcèlement au Vietnam et ne suis pas pressé de renouveler l'expérience. En même temps, ce serait bête de ne pas y aller. Se faire le Yucatán sans passer par Chichén Itzá, c'est un peu comme le gars qui vient visiter la Belgique sans goûter la Duvel. On touche au sensible et ça fâche. C'est donc décidé, j'irai demain quoi qu'il advienne.

Je me lève aux petites heures afin d'être sur le site dans les premiers et ainsi mettre le plus de chances de mon côté. Je pars seul, mon nouveau pote préférant garder cette visite pour plus tard et faire la grasse matinée. J'embarque dans un mini-van rempli de locaux pour une heure de route bercé par les te quiero du Barzotti du coin qui déclare sa flamme à s'en faire péter les cordes vocales. C'est étrange, cette impression de déjà vécu au Cambodge... Rappelez-vous ceci. Différences culturelles, mon œil!

Chichén Itzá

Il est 9h et me voilà à présent livré à moi-même sur le parking de Chichén Itzá, prêt à affronter la foule et les emmerdeurs. Je respire profondément afin de m'armer de zénitude et me dirige vers l'entrée en regardant autour de moi. Etrange... Il y a à peine une douzaine de voitures garées. Je cherche ensuite la file afin d'acheter mon ticket d'entrée, mais je ne vois rien, si bien que je détecte à peine le guichet en passant devant. Je prends mon ticket, seul. Pas de file. Personne. Je suis perplexe et commence sérieusement à me demander si je suis au bon endroit. Je continue ma progression et entre sur le site proprement dit. Les vendeurs sont en train d'arranger leurs étals et ne notent même pas ma présence, tout à leur affaire. Puis, subitement, devant moi se dresse la pyramide de Kukulcán, imposante et superbe. Je n'en crois pas mes yeux, il y a peine cent personnes disséminées sur la plaine. Deux d'entre elles, oui seulement deux, posent devant la pyramide pour une photo. J'attends deux minutes pour qu'elles s'en aillent et me voilà pour ainsi dire seul face au magnifique édifice pendant plus de dix minutes avec tout le loisir de prendre des photos. C'est officiel, les dieux du voyage sont de retour avec moi. Je m'en fous plein les mirettes, c'est magique. Un rêve devenu réalité. Encore un! Je suis heureux.



Je passe au total une heure et demie à parcourir les différentes ruines de la cité maya, bien tranquille et sans croiser personne ni me faire aborder par un seul vendeur, tous toujours occupés à installer leurs brols en prévision de l'assaut touristique à venir. Le pied!







 



Terrain de pelote
Pile au moment où j'ai terminé ma visite et me dirige vers la sortie, je croise des nuées de visiteurs que les cars viennent de déverser. C'est également le moment où les vendeurs commencent à s'activer et me barrent la chemin en brandissant leurs bibelots. Merci, je m'en vais. C'est un monde parfait.

De retour à l'auberge, je suis plein d'énergie tellement je suis satisfait de ma visite. On décide avec Patxi de louer des vélos et d'aller nous baigner dans un cénote en dehors de la ville en passant par de charmants petits chemins de campagne. Celui-ci fait 67 m de profondeur. C'est immense. Encore une fois, il n'y a personne. On l'a rien que pour nous. L'eau est bonne, séquence relaxation. 







Demain, on reprend la route ensemble, destination Mérida. Quatre jours passés ici, dans une des auberges les plus conviviales que j'ai connues, dans une ville extrêmement agréable et à découvrir des choses merveilleuses. Mais il est à présent temps de partir, j'ai des fourmis dans les jambes.